A Caen, au Havre et à Rouen, Ouest-France et La Manche Libre se disputent le marché des gratuits urbains

Avec un temps de retard sur le reste de la France, la vague des gratuits urbains a touché la Normandie. La Manche Libre, via sa filiale Tendance Ouest a donné le coup d'envoi en novembre 2009 à Caen. Ouest France via sa filiale Publihebdos a répondu un an plus tard en lançant coup sur coup Le Havre Infos et Côté Caen. La bataille va se poursuivre sur le terrain rouennais avec l'arrivée de Côté Rouen mercredi et de Tendance Ouest Rouen le 17 mars.

Les recettes se ressemblent. Dans tous les cas, ces gratuits sont diffusés à hauteur de 40.000 ou 45.000 exemplaires, dans les commerces et devant les lieux de vie des centre-ville mais aussi dans certaines boîtes aux lettres et à la criée par des colporteurs. Ces hebdomadaires qui ne vivront que de la publicité offrent une pagination de 24 à 32 pages en couleur et sous un format tabloïd. Ils sont réalisés par de petites équipes, de l'ordre de sept salariés dont trois ou quatre journalistes. A chaque fois aussi, ces gratuits s'adossent à un site web et même dans le cas de Tendance 0uest Caen à une radio. "L'info collectée par une rédaction multimédias est ainsi diffusée sur trois supports gratuits", explique François Gillot, directeur délégué de Tendance Ouest. Enfin, la ligne éditoriale ne se différencie pas vraiment. François Gillot évoque "une information de proximité précise, concise et pratique" quand Francis Gaunand président du directoire de Publihebdos parle pour Le Havre infos "d'une actualité 100% havraise, mais aussi des bons plans et des infos utiles".

Si les recettes sont les mêmes, les acteurs différent pour le moins, avec d'un côté Publihebdos, un géant fils d'un géant et de l'autre Tendance Ouest, un petit poucet téléguidé par un franc-tireur. Publihebdos diffuse 736.000 exemplaires par semaine avec la puissance de feu de ses 63 hebdomadaires et bihebdomadaires payants dont 17 implantés en Haute-Normandie comme Eure-Infos, Le Journal d'Elbeuf, Les Informations Dieppoises, L'Eclaireur Brayon ou encore L'Eveil de Pont-Audemer (1) (Ces journaux ont été acquis principalement à deux occasions, en 2001, lors de la reprise du groupe de presse Méaulle et, en 2007, avec le rachat d'un ensemble de titres au Groupe Hersant Médias.)
Cette filiale de Ouest-France réalise un chiffre d'affaires de 74 M€ quand celui de Tendance Ouest ne dépasse pas les deux millions. La maison mère de Tendance Ouest ne supporte pas plus la comparaison avec Publihebdos. Elle peut toutefois se targuer d'être une singularité au sein d'un univers de la presse entièrement contrôlé par Ouest-France en Basse-Normandie. Avec une diffusion de 75.000 exemplaires au numéro et ses sept éditions, La Manche Libre reste une institution très solide, en constante progression.

Dans cette bataille du gratuit urbain, un grand acteur reste pour le moment étrangement absent : le Groupe Hersant Médias, éditeur de Paris-Normandie, du Havre Libre, du Havre Presse et du Progrès de Fécamp. Aujourd'hui en grande difficulté, il a vu la diffusion totale de ses titres tomber à 82.000 exemplaires en 2009, soit un recul de 18 % depuis 2005, selon l'OJD. Peut-être craint-il une cannibalisation de ses titres payants, un risque que ne courent ni Ouest France ni La Manche Libre ?
  • RRI 204
Source : ANI
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