Le CESER ouvre le débat sur la « rentabilité » du projet de ligne nouvelle

La question de la fiabilité économique et sociale d’une ligne ferroviaire nouvelle entre Paris et la Normandie a été clairement posée devant le CESER de Haute-Normandie (conseil économique, social et environnemental) à l’occasion d’une présentation du projet de ligne nouvelle Paris Normandie en séance plénière. L’interrogation porte autant sur le financement du projet, en fonction de ses caractéristiques, que sur l’exploitation commerciale future. Le CESER présentera en mai un avis général sur ce dossier.

Le délégué régional de RFF, Philippe Adam, a par ailleurs annoncé devant le CESER que l’établissement a officiellement saisi la Commission nationale du débat public le mercredi 2 mars pour qu’elle organise un débat sur le projet de LNPN que finalise actuellement la commission Duport. Une commission particulière devrait être désignée au début du mois d’avril. Le dernier comité de pilotage de la commission Duport se réunira à la mi-mai. Le débat public devrait donc officiellement se dérouler à l’automne 2011.

Avant d’entendre les explications de M. Adam, le président du CESER Gérard Lissot, a insisté sur l’indispensable « engagement fort de l’Etat, en particulier financier » et a demandé la création d’une mission interministérielle « tant le projet est aujourd’hui dilué entre plusieurs ministères ». Le président du CESER, rejoint par Jacques Brifault, chargé de l’avis que prépare le CESER, s’est interrogé sur le modèle économique d’une nouvelle desserte ferroviaire de la Normandie. « L’ambition est un moteur excellent pour les projets, mais elle ne dispense pas d’un constat réaliste : la rentabilité d’un tel projet n’existe pas dans l’état actuel du trafic. C’est pourquoi, ajoute M. Lissot, j’ai toujours indiqué qu’il ne fallait pas opposer les priorités de court terme aux ambitions de long terme ».

L’heure n’est plus, semble-t-il, au chuintement lyrique d’une hypothétique « très grande vitesse » de Paris au Havre et à Caen mais à une très réaliste « ligne nouvelle ». Pour Gérard Lissot, il importe de tenir compte des « budgets considérables en cause et de la situation des finances publiques » pour que soit validé un projet d’ensemble « dont le phasage permette de réelles améliorations de l’existant à court terme, dans l’intérêt immédiat des usagers ». Pour le président du CESER les priorités « doivent donc se concentrer essentiellement sur l’aménagement de l’après-mantois et pour une nouvelle gare à Rouen ».

Inventer un système

En présentant au CESER les grandes lignes du dossier – presque définitif - qui sera mis en Débat public, le délégué régional de RFF a ouvert la voie de l’innovation. Il s’agit en effet d’occuper un no man’s land ferroviaire des distances comprises entre 100 et 200 km, occupées aujourd’hui par les Corail, entre les TER et les TGV qui chacun ont bénéficié d’avancées technologiques importantes. Il s’agit de faire circuler des trains capables de rouler entre 200 et 250 km/h en service commercial. « Pour ce type de desserte, nous devons inventer un système dont la Normandie pourrait être un laboratoire » a proposé Philippe Adam.

Autres pièces du puzzle : les tracés. Trois seront proposés au débat public. Ils concernent les parties comprises entre Mantes-la-Jolie et Rouen, Rouen et Le Havre, Rouen, Evreux et Caen. Leurs coûts varient de 5,5 Md€ à 9,5 Md€. Entre Mantes et Paris, les options sont plus nombreuses et plus fines avec un coût qui varie de 2,5 Md€ à 4,5 Md€ selon les options. Il faudra en outre y ajouter la réalisation d’une nouvelle gare à la Défense évaluée à 1 Md€.

De la présentation des deux options de nouvelle gare à Rouen (Sotteville ou Saint-Sever), on sent chez RFF une nette préférence pour Saint-Sever qui imposerait le franchissement de la Seine par un tunnel à l’ouest de Rouen. L’originalité serait alors « l’opportunité de jumelage » avec l’infrastructure routière, la voie nouvelle pouvant remonter le long de l’autoroute A150 (vers Barentin) et même si ce n’est pas formellement évoqué, avec son prolongement jusqu’à Yvetot, en cours d’étude.
  • RRI 204
Source : ANI
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