Le port de Rouen soumet à l'enquête publique l'approfondissement de son chenal

L'enquête publique sur le projet d'approfondissement du chenal en Seine du port de Rouen se déroulera du 28 mars au 29 avril, sous l'autorité des préfectures de la Seine-Maritime, de l'Eure et du Calvados. Le dossier et les registres de remarques seront déposés dans 53 communes de Seine-Maritime, 14 de l'Eure et 9 du Calvados.

Le Grand port maritime de Rouen (GPMR) avait déjà organisé un mini débat public autour de ce projet à l'automne 2007 avec l'appui du Conseil scientifique et technique de l'estuaire de la Seine. Ce débat n'avait pas le statut officiel, au sens de la loi Barnier de 1995, mais il avait permis de tenir six réunions ouvertes aux riverains dans des localités des bords de Seine.

Avec ce projet majeur pour son avenir, le GPMR veut araser les points hauts du chenal d'une centaine de kilomètres qui relie la capitale haut-normande à la mer. Les travaux qui commenceront par la partie aval et dont le coût est estimé à 200 millions d'euros pourraient s'étendre de 2011 à 2015. L'objectif est de gagner un mètre de tirant d'eau garanti en portant celui-ci de dix à onze mètres.

Rouen pourra ainsi recevoir les vraquiers de 43.000 à 58.000 tonnes de port en lourd de plus en plus présents dans les flottes des armateurs. Le GPMR veut ainsi conforter sa place de premier port européen exportateur de céréales et se positionner sur d'autres trafics. "Cet enjeu est économique puisqu'il doit permettre au port de Rouen de gagner près de dix millions de tonnes de trafic par an, ce gain représentant de l'ordre de 40 % d'activité supplémentaire d'ici 2020", assure le GPMR. Pour mémoire, le trafic du port de Rouen qui occupe la cinquième place en France s'est élevé à 27 millions de tonnes en 2010

Dans le dossier soumis à l'enquête publique, figure la question controversée des boues de dragage collectées lors des travaux. Quelque 2,5 millions de m3 de ces sédiments seront immergés en Manche sur le site du Kannik tandis que 3,5 autres millions seront valorisés à terre. Parmi ces derniers, une partie sera utilisée dans la filière du BTP et une autre servira à combler des ballastières et à restaurer des milieux naturels. Une autre enquête publique doit se dérouler dans les prochains mois concernant cette fois les boues de dragage d'entretien.

Le GPMR veut expérimenter un nouveau site de dépôt une quinzaine de kilomètres au large de Trouville-sur-Mer pour compenser l'arrêt du Kannik qui sera bientôt saturé. Une première enquête diligentée par la préfecture de la Seine-Maritime avait été annulée à la suite de protestations de défenseurs de l'environnement et d'élus du littoral du Calvados qui dénonçaient un défaut d'informations. Sur le fond les opposants craignent la pollution du rivage par ces sédiments chargés en métaux lourds et en PCB et réclament une valorisation à terre avec la mise en place d'une filière ad hoc.
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Source : ANI
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