La ligne nouvelle Paris-Normandie doit être un modèle de cohérence pour lever les incertitudes financières

La ligne nouvelle Paris Normandie (LNPN) qui fera l’objet d’un Débat public à l’automne 2011, devra démontrer sa cohérence sur le plan économique et social pour toute la Normandie au regard des incertitudes économiques qui pèsent sur ce projet, demande en substance le CESER de Haute-Normandie dans un avis adopté lundi. Il faudra que cette ligne apporte une réponse à trois enjeux, le premier étant de « contribuer au développement d’une véritable politique maritime de la France ». Le Conseil économique, social et environnemental a placé en deuxième et troisième enjeux, l’amélioration « des relations avec Paris et l’Europe », et la promotion en Normandie « d’un projet modèle, démonstrateur d’attractivité et de développement durable ».

Cet avis suit un premier adopté en janvier 2011 sur les fonctionnalités attendues de la LNPN. Il insistait sur l’exemplarité que devait porter le projet, notamment « en termes d’images et de cohérence de l’aménagement du territoire ». Le CESER de Haute-Normandie considère que la cohérence est d’autant plus déterminante que la réalisation effective est sujette à des interrogations financières. L’avis présenté par Jacques Brifault déclare qu’il n’est « possible d’envisager la rentabilité financière de la LNPN à court et moyen terme que sur la base d’un projet global pour la Normandie ».

Pour le CESER de Haute-Normandie, le projet ferroviaire peut s’appuyer sur des atouts naturels (façade maritime et fluviale) et humains (tissu industriel et portuaire). Mais il est affaibli par une « lisibilité réduite du fait de sa scission administrative », l’absence de « culture de portage collectif » des projets (à la différence de la Bretagne notamment), un manque de définition du positionnement stratégique de la Normandie par rapport à l’Ile de France et l’Europe, et une structuration imparfaite de la recherche publique.

Ce dernier point est d’ailleurs identifié parmi les quatre critères économiques discernés par le CESER. Ainsi la LNPN est un projet « qui doit être porté par et pour le monde de la recherche à travers une volonté, aujourd’hui très insuffisante, de renforcer les synergies et coopérations dans la recherche sur tous les domaines d’excellence du territoire de notre Région », indique l’avis. Il relève l’absence de PRES (Pôle de recherche et d’enseignement supérieur) qui tarde à se mettre en place entre les universités de Rouen, du Havre et de Caen, ce qui devient « insoutenable pour la place à laquelle la Normandie peut légitimement prétendre dans la course mondiale à l’excellence ».

L’avis cite également parmi les enjeux du projet de LNPN, le développement des filières industrielles, l’attractivité pour de nouvelles entreprises, le développement du tertiaire et d’éco-quartiers d’affaires à proximité des gares des métropoles normandes.

Le CESER reprend le raisonnement du chef de l’Etat sur le Grand Paris, la région capitale et sa façade maritime. Le projet de LNPN doit être « en cohérence avec l’ambition du Grand Paris. Elle suppose une implication sans faille de l’Etat et de toutes les forces socio-économiques de la Normandie et de l’Île-de-France ».

En ouverture du débat, le président du CESER, Gérard Lissot, avait déjà placé au premier rang des « points essentiels », la question du financement et « la participation forte de l’Etat dans un projet qui est d’envergure nationale ».
  • RRI 204
Source : ANI
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