A Rouen, la circulation des quais bas créée la polémique

Résoudre les problèmes de la circulation en centre ville de Rouen n'a jamais été chose aisée. Dernier épisode en date, la passe d'arme qui vient d'avoir lieu entre les acteurs du monde économique et la mairie sur l'aménagement des quais bas de la ville. Les uns parlent de non-concertation et d'asphyxie programmée, ce que nie farouchement l'autre partie?

A Rouen, depuis 2008, les poids lourds qui souhaitent traverser la ville doivent emprunter un itinéraire bien rodé qui consiste à n’utiliser que les quais bas. Sur la rive gauche lorsqu’ils souhaitent accéder au port ou prendre la direction du Havre, sur la rive droite pour le sens inverse. Mais ce plan routier risque de bientôt voler en éclat. C’est en tout cas ce que redoutent les acteurs économiques, soutenus par la CCIT de Rouen et les acteurs du port (entreprises portuaires, céréaliers…). Afin de manifester leur vive inquiétude, ils viennent de rédiger un livre blanc pour attirer l’attention de tous, y compris du grand public, sur une situation dont l’issue serait catastrophique pour toute l'agglomération.

Christian Hérail, président de la CCIT de Rouen, plante le décor : « Nous avons incidemment appris que la Mairie de Rouen avait pour projet la réhabilitation des quais bas de la rive gauche de la ville et qu’elle comptait également y interdire la circulation des poids lourds ». Une décision très « préoccupante » pour les acteurs économiques qui, en plus des kilomètres supplémentaires (de 20 à 45 selon les cas) pour les camions effectuant les rotations céréalières, voient dans cette mesure une « asphyxie programmée de l’agglomération rouennaise », du fait du report de plusieurs milliers de poids lourds quotidiens sur les autres axes existants, par ailleurs déjà bien surchargés.

« Nous ne comprenons pas cette décision », répètent en cœur céréaliers et transporteurs. « Nous avons la chance d’avoir un port que nous nous efforçons de développer, qui est aujourd’hui le premier port céréalier de France et sans avoir pu exposer nos arguments, on va bientôt nous interdire d’utiliser un axe qui, du fait de l’absence de feu, nous permet de rouler à vitesse constante et donc de limiter les émanations de CO2 ». Il y a donc urgence à surseoir au projet !



Interrogée sur le sujet, Valérie Fourneyron n’a pas caché son ambition de voir disparaître les camions du centre ville. Néanmoins, le maire de la ville s’est dite « étonnée » par ce livre blanc. « C’est vrai, nous voulons remettre l’humain au cœur de la ville et les enjeux économiques ne sont pas les seuls critères de développement. Pour le dossier qui nous concerne, je rappelle que le contribuable a déjà financé de nombreux aménagements routiers dont certains ne sont pas utilisés par pure volonté ». Mais pour l’heure, assure-t-elle, aucun calendrier ne fixe l’interdiction de circulation des quais bas de la rive gauche.

« Il est évident que nous devons travailler ensemble pour réfléchir à comment mieux répartir les flux de circulation sur les autres axes, que des ajustement seront nécessaires, mais la méthode qui consiste à porter le trafic poids lourds loin des zones urbanisées est à mon sens une bonne chose », insiste Valérie Fourneyron qui s’est dite prête à poursuivre un dialogue débuté il y a déjà plusieurs mois.







  • RRI 204

Christian Hérail

Valérie Fourneyron



  • Les journées de l'international