Une prime de présence est mise en place au CHU de Rouen

Les absents ont toujours tort. L’adage se vérifie particulièrement au CHU de Rouen où, à l’instar d’autres hôpitaux publics en France, une prime de « présentéisme » a été mise en place à compter du 1er janvier. De nos jours - magie de la sémantique - on ne se contente plus de lutter contre l’absentéisme, on « valorise » aussi « le présentéisme ».
 
 
Il faut dire que, niveau trous dans les effectifs, le CHU rouennais fait fort par rapport à ses homologues nationaux. Avec un taux d’absentéisme de 9,8 % et une moyenne de 27 jours d’arrêt maladie par an et par salarié, l’hôpital public normand se situe carrément en queue de peloton, à égalité avec Marseille. Loin des bons - ou plutôt moins mauvais - élèves tel le CHU de Caen.
 
 
« La majeure partie de l’absentéisme est, bien évidemment, inévitable. Mais une fraction est quant à elle évitable », écrit la directrice du CHU Isabelle Lesage dans un courrier adressé début janvier aux salariés afin de leur expliquer les contours de cette prime.
 
 
Listant les actions déjà menées pour réduire le phénomène, la directrice reconnaît dans ce même courrier que « néanmoins, le taux d’absentéisme du CHU reste parmi les plus élevés des CHU ». Dans les services, ce mal chronique pèse sur les agents bien présents, contraints de cravacher doublement.
 
  • 100 € par an en moyenne
 
Alors va pour une prime de présence. Une prime destinée aux infirmières, aides-soignantes, brancardiers et autres personnels techniques, mais pas aux médecins. Concrètement, elle sera octroyée à partir de 2018 aux agents qui n’ont pas été absents plus de trois jours dans l’année. Quatre et elle leur passe sous le nez.
 
 
Jusqu’à maintenant, tous les salariés absents moins de 21 jours bénéficiaient d’un petit plus, intégré à la prime annuelle de service en mars. A l’inverse, plus de trois semaines  d’absence entraînait une déduction. « C’est la façon dont on redistribue cette fraction de la prime de service annuelle qui change », indique la DRH du CHU Clotilde Cousin, ce qui, en creux, signifie que l'opération ne coûtera pas un euro de plus à l’hôpital.
 
 
En moyenne, les salariés rarement ou pas du tout absents  - majoritaires au CHU (4 100 pour 7 100 en 2015) - devraient toucher « 100 euros en plus par an », dixit la DRH.
 
 
Le nouveau système ne sied pas à la CFDT. « Une grippe, une gastro. Trois jours d’absence, c’est vite fait, estime Philippe Duval, permanent du syndicat majoritaire au CHU. Au début, la direction avait prévu de n’accorder la prime qu’à ceux jamais absents. On a limité la casse. Trois jours, c’est toujours mieux que rien. » 
 
 
Et le syndicaliste de livrer, selon lui, les raisons de l'absentéisme : " Manque de moyens, manque de personnel, épuisement des soignants. Il faut faire des économies mais à un moment c'est impossible."
 
 
Reste une question centrale : cette carotte financière permettra-t-elle de diminuer l’absentéisme, particulièrement les arrêts maladie de complaisance ? Dit plus simplement : j’ai un petit rhume, je me mettrais bien en arrêt mais pour un billet de 100 €, je vais me bouger quand même… «  Le principal, c’est de valoriser le présentéisme, répète la DRH. Après, chacun fait ses choix. » 
  • Business Story Exp-Cpt nov 2017
Source : ANI
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