Interview de Jérôme Van Straaten, présdient de la société Altix à Val-de-Reuil (27)

Redistribuer les cartes...

Les circuits imprimés sont partout, des smartphones à l’aéronautique, en passant par l’automobile ou les ordinateurs portables. Pour les réaliser, il faut des machines spéciales, fabriquées depuis un quart de siècle par Altix (Automa-Tech à ses débuts) à Val-de-Reuil et exportées dans le monde entier. Pour les dirigeants, aller à l’international n’a pas nécessité des heures de réflexion. La France représente 2 % à 3 % d’un marché mondial évalué à 60 milliards de dollars, Automa-Tech s’y est donc lancé. Altix, après la reprise en 2009, a poursuivi l’effort, avec un fort engagement en Chine, qui totalise 60 % de l’activité, et qui abrite une filiale de 25 personnes, avec à Taïwan un petit atelier de fabrication.
 
Mais rien n’est simple dans cet immense pays. La sagesse millénaire de Confucius a laissé la place à un maelström où tout est urgent, instantané, où la prise de recul, le temps de l’analyse et de la réflexion sont sans objet, où le fournisseur est quantité négligeable et corvéable à merci. Cela peut, certes, aboutir à de bonnes nouvelles, comme ce contrat pour une seule machine, transformé quelques instants avant sa signature en une commande de trois unités, mais c’est souvent compliqué, désagréable, fatigant (à l’image des paiements qui arrivent toujours, mais non sans de multiples relances). « Ils n’évoluent pas, et c’est sans doute pour cela que leur économie ralentit », constate Jérôme Van Straaten, qui se rend quatre fois par an sur place, « parce que les clients veulent nous voir, ils aiment cet aspect officiel, et cela me permet aussi de me rendre compte de l’évolution des marchés ».
 
Pour être moins dépendant de la Chine, tout en y conservant son volume d’activité, ce sont vers d’autres relais de croissance que se tourne Altix. L’Inde en fait partie, mais l’aventure ne fait que commencer et trouvera sa vitesse de croisière d’ici quelques années. Outre l’Europe – et l’Afrique du Nord – où l’entreprise est déjà solidement implantée, ce sont vers les États-Unis que Jérôme Van Straaten porte son attention. Une filiale de commercialisation a été lancée en 2015, et quelques nouveaux domaines ont été explorés, comme les pièces mécaniques très fines ou les cellules photovoltaïques, nécessitant que peu d’adaptation des machines actuelles.
 
Un projet majeur avec SolarCity devrait voir le jour en 2017. « Nous augmentons notre activité, sur des zones géographiques où la concurrence est moins forte qu’en Chine. Nous sommes très bien référencés », se réjouit-il. Cette redistribution des cartes s’accompagne d’un virage technologique essentiel pris par Altix. Le secteur évolue vers le numérique, la « machine direct imaging », pour les spécialistes. « C’est une grosse mutation », commente Jérôme Van Straaten. « Nous avons pris le tournant et lancé nos premières machines en 2014 ».
 
Sans négliger les machines traditionnelles, c’est sur cette nouveauté que la différence se fera...
 
Portrait extrait de l'ouvrage "20 parcours normands : Portraits d'entrepreneurs sans frontières", réalisé par CCI Normandie
 
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Source : CCI Normandie



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