Pour crier leur "inquiétude", les journalistes de Paris-Normandie prennent la plume

L'ambiance est lourde, ce lundi midi, au sein dela rédaction rouennaise deParis-Normandie, sur les quais dela rive droite. A l’issue d’une assemblée générale, les journalistes du quotidien normand placé en redressement judiciaire - du moins une cinquantaine sur les 77 que compte le journal - ont décidé de rédiger une lettre ouverte à l’attention du propriétaire actuel Xavier Ellie, du tribunal de commerce de Rouen et des médias. « A l’unanimité », précise le délégué du syndicat national des journalistes (SNJ) Richard Mesnildrey.
 
Son objet ? Demander officiellement à Xavier Ellie de retirer son plan de continuation. Le temps presse, le tribunal va décider de l’avenir du titre le mercredi 15 mars. Deux options s’offrent à lui : continuer avec Xavier Ellie, comme c’est la tendance depuis que les administrateurs judiciaires lui ont accordé leurs faveurs, ou confier les clés au groupe de presse belge Rossel - La Voix duNord, la solution privilégiée parla rédaction mais qui semble buter sur la question de l’apurement du passif, qu’elle ne prend pas en compte.
 
Le SNJ avait déjà fait connaître son opposition au projet Ellie, cette fois c’est la rédaction dans son ensemble qui monte au créneau publiquement. Et les mêmes « inquiétudes » de revenir dans toutes les bouches, la même « crainte pour la pérennité du journal », les mêmes « doutes » sur les investisseurs éventuels associés au plan Ellie (les casinos Partouche et le groupe Arcole Industries sont avancés de source syndicale).
 
  • "Ça va nous planter à moyen terme"
 
« Nous ne  comprenons  pas ce qui  a  motivé  l’avis  positif  des administrateurs   judiciaires »,   n’en   finit   plus de   s’interroger une journaliste. « Si on  continue  avec  Ellie, on  n’a  plus de trésorerie en juin. Je  n’ai pas  envie de  pointer  à  Pôle  Emploi dans  quelques mois. ».
 
Face au   tribunal de   commerce,   Xavier   Ellie   a   annoncé un remboursement des créances   étalé   sur neuf   ans.   Mais   les journalistes n’y croient pas. « Il table sur une hausse peu probable de la publicité et une augmentation du prix de vente, ce qu’il a déjà fait.  Or, le  retour  sur  investissement qu’il  escompte ne  permettra pas de  rembourser  les créanciers.  Sur le  papier,  c’est peut-être le mieux  disant.  Mais  c’est une  vision  comptable des  choses qui ne prend pas en  compte la  réalité de la  presse »,  assène  Richard Mesnildrey.  « La  pérennité  à  court  terme  est peut-être  assurée,mais  ça va nous  planter  à  moyen  terme »,  poursuit pour sa  part Benoît  Marin-Curtoud,  journaliste et  représentant au  comité  d’entreprise.
 
En outre, le délégué syndical SNJ Richard Mesnildrey s’interroge  comme d'autres au sein de la rédaction « sur la cohérence du plan Ellie. Alors que des négociations sont en cours avec la CGT et que les journalistes en sont exclus ». Ces derniers, en effet, ne sont pas officiellement concernés par les prochains licenciements. Mais une note datée du 28  février  dernier et  adressée  à  l’ensemble des salariés  journalistes  compris  jette  à  leurs  yeux le  trouble.  Xavier Ellie  y  invite  les  collaborateurs  qui  seraient  « intéressés par un  départ volontaire à se manifester auprès du service RH ».« Avant même la décision du tribunal, Xavier Ellie modifie son plan de sauvergarde de l’emploi, avance Richard Mesnildrey. S’il entend encore une fois diminuer le nombre de journalistes, il change les règles en cours de jeu. C'est ambigu."
 
Pour  l’instant,  outre  leur  lettre  ouverte,  les  journalistes de Paris-Normandie ont prévu de maintenir la pression avec une journée d’action  vendredi  prochain. Si une grève  n’est pour  l’heure pas  à  l’ordre du  jour, la« rédaction  est prête  à  l’envisager »,  assure Richard Mesnildrey. Le feuilleton continue...
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Source : Filfax Normandie
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