La ville du Havre "réfléchit" à acquérir le Nez du France

Au coeur d'un imbroglio juridique et financier, le Nez du paquebot France va de nouveau être mis en vente. La ville du Havre, port d'attache du défunt navire, pourrait être intéressée par une acquisition. Plus d’une centaine de paquebots dernier cri vont faire escale au Havre en 2017, et pourtant, le France, disparu, fait toujours rêver. Un petit bout du navire mythique est remis en vente à Paris, le 12 mai, cette pièce d’étrave en acier dite le « Nez ». 

 

Cette figure de proue de 4 tonnes qui mesure à peine 3 mètres de haut suscite toutes les passions. Au Havre, ancien port d’attache du paquebot qui le reliait à New-York entre 1962 et 1974, l’Association Paquebots & Marine marchande du Havre a alerté la Ville sur la vente à venir et sur l’intérêt à se porter acquéreur de« ce morceau d’histoire », rappelle son co-président Pascal Bronnec qui propose de lancer une souscription.

 

« Il y a toujours de la place pour un tel objet, symbolique du patrimoine industriel et maritime », assure la secrétaire générale de l’association French Lines, Marie-Anne du Boulay. La Ville, de son côté, reste laconique. "C'est en réflexion", indique-t-on dans l'entourage du maire.Le Nez sera proposé aux enchères parla maison de ventes Deburaux & Associés, qui l’estime entre 80 et 100 000 euros. Cette pièce a connu une épopée rocambolesque, au coeur d'un imbroglio juridique et financier. Elle avait été sauvée du démantèlement en 2008 du France/Norway dans le chantier indien d’Alang par un collectionneur passionné, qui l’avait mis en vente chez Artcurial, en 2009. Entre maillons de chaîne d’ancre, morceau de cheminée et tabourets de bar, il avait été acheté par Norev Développement et sa filiale SCI Deauville, pour un montant de 273 000 euros.

 

L’heureux propriétaire était le promoteur immobilier Jean-Pierre Véron, président de Norev Développement. Il prévoyait alors de l’installer à Deauville, dans l’ensemble « Blue Bay » qu’il commercialisait, dans un square, « face à la mer et face au Havre », port d’attache du France de 1962 à 1974, et où le paquebot a été désarmé, Quai de l’oubli, jusqu’en 1979. Il prévoyait même une remontée de la Seine, sur barge, via des escales à Rouen, Honfleur et au Havre. Mais le projet s’est enrhumé. En attendant de l'installer à Deauville, l’acquéreur l’avait confié à Didier Spade, patron de Paris Yacht Marina, autre passionné de l’histoire des paquebots et connu pour son projet de construction d’un nouveau paquebot France.

 

Le nez est déposé en bord de Seine, quai de Grenelle, tout à côté de ses bureaux. Où il se trouve toujours. Car depuis, les Deauvillais l'ont refusé de peur qu'il n'attire trop de monde tandis que le nez a été menacé de diverses saisies-ventes : Jean-Pierre Véron a fait l’objet de plusieurs condamnations dans le cadre de programmes immobiliers, depuis 2012. Ces décisions de justice ont conduit à des saisies et des ventes forcées, en 2016... Une première fois, Norev a réussi à faire annuler la vente forcée du nez en remboursant une créance la veille des enchères. Aujourd'hui, Jean-Pierre Véron assure qu'il n'est plus le propriétaire de la pièce qu’il aurait cédée depuis à une autre société : Charts, basée à Antibes, gérée par Stéphane Chiaverini.

 

Cet avocat, commis du barreau de Bastia, a été mis en examen et placé en détention provisoire en 2015 pour blanchiment de fraude fiscale. Le 23 mars 2017, la cour d’appel de Paris en a décidé autrement : selon elle, à ce jour, Jean-Pierre Véron demeure le propriétaire de ce petit bout du France. Un jugement qui "ne correspond pas du tout à la réalité", maintient néanmoins l'intéressé. En tout état de cause, une nouvelle vente forcée aura bien lieu. Elle est prévue le 12 mai prochain. Selon la commissaire priseur Françoise Debureaux, des institutionnels, français et européens, sont sur les rangs. Dont, peut-être, la ville du Havre...

 

 

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Source : Filfax Normandie
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