Interview d'Emmanuel Veillard, du laboratoire LCS à Caen (14)

Rien que pour vos yeux

Une lentille de contact « hybride », réunissant les atouts de la souplesse et de la rigidité : cette innovation développée par le laboratoire caennais LCS, part à la conquête des cornées du monde entier.
 
C’est en s’appuyant sur des pathologies oculaires précises qu’EyeBrid s’est développé dans des pays où le climat chaud et sec nuit aux cornées, au Maghreb et au Moyen-Orient (Tunisie, Algérie, Arabie Saoudite).
 
Quant à l’Europe, outre les difficultés réglementaires, où l’obtention d’un marquage CE s’avère par exemple très complexe, il faut aussi savoir s’adapter. L’Allemagne a pu ainsi être approchée grâce à un distributeur suisse.
 
À l’autre bout du monde, la Nouvelle-Zélande s’avère un marché très important, où EyeBrid envoie ses « palets », la matière première qui permet aux laboratoires de fabriquer ses propres lentilles hybrides.
 
Au Brésil, Emmanuel Veillard, président de l’entreprise, s’est heurté à un cocktail de freins réglementaires et de frais douaniers dissuasifs pour le produit fini. La vente de la matière première sous forme de palets s’est avérée être la parfaite alternative qui a permis de contourner ces difficultés.
 
Et même si plusieurs mois peuvent s’écouler avant que les produits ne soient commercialisés, soit sous la forme du produit fini, les lentilles proprement dites, soit sous la forme de la matière première, les marchés ont déjà été conquis.
 
Emmanuel Veillard, est positif : « L’inertie est importante au niveau des laboratoires, mais les ventes de lentilles sont en constante croissance et très prometteuses, à nous de tenir dans le temps, de faire nos preuves, de s’adapter : il faut être souple, flexible et à l’écoute ». C’est pour cela qu’il ne renonce pas non plus à l’Amérique du Nord, même si son unique concurrent a « bien verrouillé » le marché : « Nous discutons avec eux, il est certainement possible de trouver une manière de travailler ensemble ». Il pense aussi à l’Inde, à la Chine, où les besoins sont différents : « Nous augmentons nos gammes pour répondre aux paramètres spécifiques des différents pays ».
 
L’aventure export est finalement assez récente, deux ans seulement. Elle s’est accompagnée d’une modification des habitudes en interne : « La culture export s’implante au sein de l’entreprise », reconnaît Emmanuel Veillard. C’est une somme de détails, de façon de communiquer, de travailler, qui trouve une expression concrète dans l’envoi quotidien de plusieurs commandes à l’étranger. La nomination d’une « export manager »,
 
Fabienne Lebrec, contribue à ancrer l’international dans les gènes d’EyeBrid, et la volonté affichée de réaliser à l’export plus de la moitié de l’activité de l’entreprise est un pari en passe d’être gagné.
 
 
 
Portrait extrait de l'ouvrage "20 parcours normands : Portraits d'entrepreneurs sans frontières", réalisé par CCI Normandie
 
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Source : CCI Normandie



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