Faire son miel

Trois ruches ont été installées sur les toits du centre commercial des Rives de l’Orne. Au-delà de la récolte de miel à venir, c’est surtout un geste environnemental majeur.

Avec détermination, Alice Omer enfile la combinaison protectrice qui va lui permettre d’assister à l’ouverture des trois ruches installées sur les toits des Rivers de l’Orne. La directrice du centre commercial s'apprête à vivre un moment insolite et important, une rencontre avec 150 000 abeilles. Les insectes vont prendre leur premier envol dans le ciel caennais. Elles sont encore un peu engourdies par le voyage et la fraîcheur matinale. Mais rapidement, elles iront butiner les plantes et fleurs environnantes, pour offrir d’ici quelques semaines une première récolte de miel, pouvant aller de 30 à 150 kilos, qui sera proposée aux clients et commerçants du centre. La prochaine surviendra en août. 
 
  • Donner des idées
 
Ardente défenseuse des causes environnementales, Alice Omer est heureuse de participer à ce qui devrait être une cause nationale : la protection des abeilles. Pour installer les ruches, elle a fait appel à un spécialiste, la société Charozé, basée à Mondeville et Saint-Lô. Éric de Goussencourt s’est lancé par passion, voilà deux ans, dans la vente de matériel et de produits apicoles. Pour l’implantation aux Rives de l’Orne, il a choisi la variété de l’abeille noire, résistante, docile, bien adaptée au climat normand. En créant son entreprise de vente de matériel et produits apicoles, qui compte une quinzaine de salariés, il a prit conscience de l’importance des enjeux. « On perd en Europe 30 % d’abeilles chaque année. Et, sans elles, sans leur pollinisation, 95 % des végétaux vont disparaitre ». Installer des ruches, c’est donc contribuer à enrayer cette catastrophe écologique. « De plus en plus d’entreprises nous contactent pour le faire. Cette activité prend de l’ampleur, et c’est bon signe »,  constate-t-il. 
 
Au-delà de cet aspect, les ruches sont aussi un excellent vecteur de communication. Quoi de mieux que de produire du miel signé du nom de sa société, de le vendre, comme le feront les Rivers de l’Orne, au bénéfice d’associations humanitaires, ou d’organiser des évènements autour de la récolte du miel, encadré par des apiculteurs professionnels ? « C’est tout un art que de bien savoir exercer ce métier », confie Éric de Goussencourt. « Il faut savoir combien de hausses, ces cadres permettant de récolter le miel, peuvent être posées, récolter au bon moment,  identifier les éventuelles maladies, savoir quand une ruche devient bourdonneuse, c’est-à-dire que les mâles, qui ne font rien, deviennent majoritaires, connaître les aspects législatifs qui encadrent la pose des ruches… ». 

 

Celles-ci ne peuvent être installées à  moins de 100 mètres d’un lieu public ou à moins de 10 mètres d’habitations. Alice Omer précise que tous les aspects de sécurité sont pris en compte. « Les abeilles sont beaucoup moins dangereuses que les guêpes ! D’autre part, les ailes des reines ont été coupées, ce qui évite le risque de les voir essaimer ailleurs. Elles resteront dans les ruches, et donc les abeilles, attirées par les phéromones, y reviendront naturellement. Vous savez, nos agents de sécurité passent tous les jours à proximité des ruches. En prenant quelques précautions, il n’y a aucun danger ».  Il reste maintenant à espérer que le beau temps soit de la partie, car « plus l’ensoleillement est fort, plus on a de miel », remarque Éric de Goussencourt. 
 
En quittant sa combinaison protectrice, ravie de son premier tête à tête avec ses nouvelles habitantes, Alice Omer sourit : « j’espère que nous donnerons des idées à d’autres. Cela ne peut faire que du bien ».
 
 
 
  • Ndie Qualite Tourisme (sable)
Source : Normandinamik



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