Eolien en mer : Dieppe - Le Tréport poursuit son avancée

Une étape a été franchie dans le projet de parc éolien en mer de Dieppe – Le Tréport, même si beaucoup de travail reste encore à accomplir.

« C’est un jour particulier ».  En égrenant les étapes du calendrier du parc éolien en mer de Dieppe – Le Tréport, Raphaël Tilot, le directeur du projet, sait que le 10 mai 2017 est à marquer d’une pierre blanche. Avant cette date ce fut l’attribution de l’appel d’offres le 3 juillet 2014, le lancement du débat public le 24 avril 2015, la levée des risques le 3 juin 2016, les pré-accords industriels le 3 décembre 2016. Après elle ce sera, peut-être, l’enquête publique en 2018, le début de phase de construction en 2020, le lancement de l’exploitation en 2021. 
 
Mais ce 10 mai, c’est celui du dépôt des demandes d’autorisation. Dans le long processus administratif et technique, c’est le passage essentiel qui va permettre de recevoir le feu vert des services de l’État pour l’obtention de la concession d’utilisation du domaine public maritime et une autorisation au titre de la loi sur l’eau. En d’autres termes, la société éolienne en mer Dieppe Le Tréport doit montrer qu’elle maîtrise l’impact environnemental de son projet, ce qu’elle démontre au travers d’une étude forte de 3 000 pages. « Nous présentons l’état initial du site, l’évaluation des impacts marins et terrestres pour les sols, la qualité de l’eau, la faune et la flore, le paysage et le patrimoine, la santé et la sécurité publique, la pêche, le tourisme, le transport, l’immobilier », détaille Christophe Leblanc, Directeur du développement. 
 
Le travail qui a été effectué consiste à déterminer les mesures à mettre en place, autour d’un triple commandement : éviter, réduire, compenser. « Nous déterminons ce qui peut être affecté, la sensibilité et le niveau de l’enjeu, et les mesures spécifiques à apporter », continue Christophe Leblanc. 
 
  • Éviter , Réduire, Compenser
 
Quand il est possible de le faire, ce sont l’évitement ou la réduction qui sont priorisés. Le parc n'empiètra pas sur les dunes sous-marines des Ridens de Dieppe, pour préserver des habitats naturels. La réduction concernera par exemple le bruit pendant l’installation des pieux sous-marins, qui affectera la faune. Un rideau de bulle sera mis en place pour isoler acoustiquement le secteur des travaux. Et quand il n’est pas possible d’éviter ou de réduire, c’est la compensation qui est organisée. Ce sera le cas avec la création d’une zone de réserve pour les goélands argentés qui risqueraient d’entrer en collision avec les pâles. « Nous avons collecté énormément de données», explique Christophe Leblanc. « Un groupement d’intérêt scientifique va être mis en place pour définir et adapter les mesures de suivi pendant toute la durée de vie du projet ».
« Une de nos valeurs est la transparence », poursuit Raphaël Tilot. C’est pour cela que l’étude sera mise à disposition du public (sous une forme abrégée de 160 pages ou en intégralité) dans le cadre de l’enquête publique. Dans le même temps, des réunions d’information sont organisées, sur l’environnement, le tourisme, les retombées socio-économiques. 
 
Une fois le dépôt du dossier de demandes d’autorisation effectué, le projet continue sa mise en œuvre. L’ingénierie et la caractérisation des sites se poursuivent, avec une nouvelle campagne de forages très complète pour parfaitement connaître les sols, et des mesures de vent en mer affinées. Les partenaires sont tout aussi mobilisés, comme RTE qui travaille à la construction des liaisons sous-marines et à leur raccordement vers le poste de Penly, ou le syndicat mixte du Port de Dieppe qui mène des travaux  au niveau du quai Gaston-Lalitte. Il s’agit notamment de gagner environ 4 000 m2 sur la mer pour l’aménagement des futurs locaux de stockage ou de maintenance. 
 
« Nous avançons comme prévu », se réjouit Raphaël Tilot. Mais il reconnait que « le projet n’est pas sans risque ». La mise en place de la fusion Siemens – Gamesa est pour lui « une excellente nouvelle », avec « la validation de l’ensemble des accords, y compris le volet industriel, dont la construction de l’usine d’assemblage de nacelle et de fabrication de pâles au Havre ». Sur la machine elle-même, l’éolienne de 8Mw, elle entre en phase de test au large de Bremerhaven (Allemagne). « Le calendrier est respecté », constate Raphaël Tilot, qui souligne toutefois la question du coût du projet : « nous avons mis un prix sur la table au moment de l’appel d’offres, mais il reste encore des incertitudes. Nous ne sommes pas à l’abri d’une mauvaise surprise sur la question des sols. D’autre part, tout n’est pas arrêté sur les fournisseurs des composants. Enfin, le calendrier et les éventuels recours peuvent avoir un impact majeur sur le prix final. L’histoire n’est pas finie ». Il s’adresse aussi aux pêcheurs, en demandant « une approche de cohabitation ». « Il est essentiel que l’activité de pêche puisse continuer sur la zone. Nous savons qu’ils sont opposés aux projets, mais leur intérêt est de travailler avec nous le plus en amont possible pour convenir de propositions conjointes ». Raphaël Tilot conclut toutefois en constatant que « ce projet est attendu par une large majorité de la population. Il correspond à de vraies attentes en matière de développement durable et d’énergie ». 
 
  • Business Story Exp-Cpt nov 2017
Source : F.C.
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