La Chapelle-Montligeon (61) : la passion du cuir

Converti à l’artisanat du cuir, l’atelier d’Odile Bouet ramène aux gestes d’autrefois.

Aux professionnels, elle offre son profil d’artisan sellier, mais son savoir-faire le plus accessible couvre la maroquinerie, les accessoires mode, les bijoux en cuir. Dans son Atelier B’O Cuir au Village des Buguet, Odile Bouet conçoit, répare, recoud les bridons, les licols, les harnais, les bottes d’équitation, tout ce qui habille les chevaux et leurs cavalier(e)s « sauf les selles sur mesure ».

 

Elle confectionne aussi des sacs à main, pochettes, portefeuilles, étuis et porte-clefs, customise à la carte les ceintures et ceinturons, « on choisit le cuir, la bouclerie, les finitions », crée et décline en couleur des bijoux en cuir de buffle ou taurillon, s’inspirant souvent du monde équestre comme une sacoche à rabat façon selle ou ce bracelet mors miniature.

 

Et puis il y a les demandes insolites touchant la remise à neuf d’objets en cuir, une valise ancienne, un coussin de banquette, une boîte à chapeaux, le volant d’une voiture de collection. Ses matières premières sont à la hauteur, la créatrice se fournit chez des tanneries françaises de référence, « la première spécialiste de tannage végétal pour la sellerie, la deuxième dédiée aux cuirs haut de gamme ».

 

Vingt ans en région parisienne comme secrétaire, une maison de vacances dans le Perche, puis l’envie de « vivre en Normandie, apprendre un autre métier » qui l’a fait s’installer à Corbon (2003). Une rencontre a déclenché la suite, « une ex-collègue sellière à domicile » découvrant ses réalisations, ce fut « une révélation ». Une semaine d’initiation au Haras du Pin ayant achevé de la convaincre, Odile Bouet n’a rien lâché pour concrétiser son projet. S’autofinançant pendant 18 mois, elle a suivi un CAP sellier-harnacheur au Haras de La Roche-sur-Yon, s’est formée à la maroquinerie via l’AFPA, enchaînant avec un stage d’aide aux porteurs de projet grâce à Pôle Emploi. De là, plus tard, elle a bénéficié du Fonds de Garantie à l’initiative des Femmes (FGIF) et d’un prêt Initiative Orne, qui ont financé son aménagement au Village des Buguet.


L’esthétique du métier

 

Dès 2013, la créatrice s’était lancée comme auto-entrepreneuse, s’équipant « deux machines à coudre, des outils à main », exposant sur les salons régionaux, jusqu’à la proposition d’intégrer le Pôle artisanal de La Chapelle-Montligeon. Arrivée en mai 2014, elle a trouvé « le point de chute parfait » dans un environnement communautaire (son établi vient du menuisier voisin) à la croisée de Mortagne-au-Perche, Bellême, Nogent-le-Rotrou.

 

Aujourd’hui, elle travaille avec les haras et centres équestres à proximité, jamais lassée de recevoir, expliquer, accueillant les touristes, les Parisiens du week-end, ou sensibilisant les plus jeunes à l’esthétique du métier.

 

I.P.

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Source : Magazine Normandinamik #20 | Mai-Juin 2017
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