L'axe Seine à la peine : « Les Normands ne savent pas travailler en meute »

Retard des investissements, absence de mobilisation, culture de rentiers : les critiques ont plu sur l'activité portuaire et économique locale, régionale et nationale lors des Journées du Havre organisées du 7 au 9 février par Le Nouvel Observateur.


« La France et ses ports : quai des Brumes ? » et « Paris sur mer : pourquoi néglige-t-on le corridor de la Seine ? » étaient deux des 26 débats proposés pour réfléchir sur « Les clés pour sortir de la crise / les atouts des villes mondes ».

« En 2009, le Président de la République Nicolas Sarkozy annonçait : « Le Havre, port du Grand Paris ». Depuis, on a l’impression de faire du sur place », interrogeait le journaliste du Nouvel Observateur Michel Labro. Et Antoine Rufenacht, ancien maire du Havre (1995-2010) de répondre : « Encore faut-il que la volonté politique soit partagée. Les Normands ne savent pas travailler en meute, ils ne savent pas travailler ensemble, comme les Bretons ont su le faire pour créer leur réseau routier. »

De son côté, Laurent Castaing, ancien directeur du port du Havre et, depuis, patron du chantier naval STX de Saint-Nazaire, n’a pas non plus mâché ses mots : « Les ports français n’ont pas suivi la croissance de la conteneurisation. La France n’est pas un pays maritime, n’aime pas le risque, n’est pas commerçante et a une économie de rentiers. »

Enfin, le président du Conseil de surveillance du Grand Port Maritime du Havre Gilles Fournier a reconnu que « les ports n’on pas investi suffisamment rapidement : ainsi, Port 2000 a été mis en service en… 2006 ! Les négociations sociales, la réforme portuaire et les remous associés ont également retardé le démarrage du port et la perte de parts de marché ».

Alors, les clés pour sortir de la crise ? Tous ont rappelé la paix sociale, l’augmentation de la productivité, les qualités des accès nautiques du Havre, les coûts de main d’œuvre moins élevés au Havre que dans les ports du Nord, le retour de la confiance des investisseurs, mais aussi la nécessité d’améliorer les connexions avec l’arrière-pays.

En perspectives, la double saturation du port concurrent d’Anvers : saturation des moyens d’acheminement vers l’hinterland et saturation des capacités foncières. A laquelle s’ajoute, selon Antoine Rufenacht, la saturation des routes maritimes dans le détroit du Pas de Calais.
  • RRI 204


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